Cognition and Action Group, la plateforme d‘étude de la sensorimotricité de l’homme

La sensorimotricité : une étude complexe et pluridisciplinaire

L’étude de la sensorimotricité chez l’Homme relève d’une discipline : les neurosciences fonctionnelles à l’intersection de la physiologie,  des sciences cognitives, de l’ergonomie et de la robotique. Le domaine opérationnel repose sur une définition en trois points :

  1. Le chercheur étudie une grande fonction (locomotion, manipulation, perception de l’espace…)
  2. Cette étude repose sur la quantification des entrées sensorielles, des sorties comportementales mises en jeu ainsi que des données objectives et subjectives recueillies lors de l’exécution de la tâche expérimentale
  3. Cette quantification doit déboucher sur des modèles mathématiques qui fournissent des prédicats réfutables expérimentalement sur le fonctionnement du système nerveux.

Cette étude se caractérise par la complexité de ses modèles, l’Homme sain, le patient, le sportif. La complexité de la recherche sur les interactions sensorimotrices explique qu’elle se doit d’être multidisciplinaire tant au niveau des participants que des théories et des outils qu’elle met en œuvre. L’étude de la sensorimotricité requiert donc la collaboration des cliniciens, des fondamentalistes de diverses disciplines (psychologues, biomécaniciens, physiologistes, psychophysiciens, cliniciens, mathématiciens) et des ingénieurs avec en aval un partenariat industriel. La participation des ingénieurs et la nécessité de disposer d’une équipe technique sur place deviennent en effet cruciales en raison des chaînes de mesures de plus en plus complexes à mettre en œuvre.

Cognition and Action Group : un suivi de personnes en situation particulière et difficile

Cognition and Action Group est un projet coopératif qui vise à travailler sur le suivi à long terme de groupes humains qui ont en commun d’être engagés dans des tâches comportementales complexes pendant une longue période de temps.

Ces cohortes sont très diverses et, compte tenu de l’évolution de la société, leur nombre augmentera inévitablement. Pour citer quelques exemples, elles incluent les militaires en service actif, les athlètes de hauts niveaux, les patients atteints de maladies neurologiques, les patients en rééducation, les patients psychiatriques, les personnes qui souffrent de handicaps chroniques lourds et bien entendu les seniors qui vivent en situation précaire et sont isolés. Ces cohortes comprennent également des groupes, qui ne sont qu’irrégulièrement mis dans des conditions très exigeantes, par exemple les passagers des vols de longue durée face à des contraintes fortes en terme d’espace, de vigilance, d’anxiété et d’immobilisation.

Ces populations doivent être suivies afin d’évaluer leurs formations et une fois formées, il va s’agir de vérifier que leurs compétences sont opérationnelles. Engagées dans des tâches comportementales complexes, ces populations doivent également être surveillées de près pour éviter des pressions excessives qui pourraient conduire à des pathologies telles que syndrome post-traumatique, surmenage, surentraînement, burn out, dépression etc.

Les objectifs :

  • Apprendre à quantifier le comportement des cohortes, d’abord au niveau sensori-moteur puis à terme au niveau biologique et cognitif. Les mesures doivent être effectuées en temps réel, à des fréquences d’échantillonnage correctes et surtout doivent être pas ou peu invasives. Les sujets suivis doivent pouvoir poursuivre leurs activités sans problème.

  • Étudier comment utiliser ces mesures pour construire et exploiter des banques de données sur le comportement sensorimoteur des cohortes. Ces banques devront être enrichies avec d’autres types de variables qui ne peuvent être enregistrées en ligne : des variables biologiques, psychologiques, sociologiques, le génotype, etc. On peut également citer le suivi d’activités quotidiennes extraites des GPS, de détecteurs de présence, de puces RFID, de compteurs d’eau, de gaz et d’électricité intelligents.

  • Démontrer que les bases de données qui seront recueillies peuvent être utilisées de plusieurs façons à l’avantage des cohortes étudiées : pour améliorer la prise en charge des sujets et leur formation à des tâches sensorimotrices complexes, pour éviter des épreuves physiologiques et psychologiques potentiellement causées par ces tâches, pour détecter des pathologies à un stade très précoce, pour personnaliser leurs traitements.

Pierre-Paul Vidal

Vidal

Ce projet est piloté par Pierre-Paul Vidal, Directeur d’Unité au CeSem (Centre d’étude de la sensorimotricité). Il s’agit d’une unité mixte de recherche (CNRS, Universités Paris Descartes et Paris Diderot) qui a pour mission de s’interroger sur le fonctionnement du système nerveux en étudiant le contrôle du regard, du geste, de la motricité faciale, le sens de l’équilibre et l’audition.

Tous les projets seront encadrés par l’Institut Droit et Santé qui veillera à ce que les recherches et l’exploitation des bases de données que l’équipe ambitionne de construire et d’utiliser, s’effectuent dans un cadre éthique rigoureux.

Pour relever le défi de la quantification du comportement humain, le projet de Cognition and Action Group est divisé en deux programmes de recherche distincts :

  • Le premier porte exclusivement sur le développement des méthodologies nécessaires pour construire et utiliser des bases de données sur le comportement humain.
  • Le second porte sur trois verrous méthodologiques qui posent problème pour construire et utiliser lesdites bases de données sur le comportement humain.

Ces trois verrous sont la description des prises de décision ultra-rapides, l’adaptation de nos comportements sensorimoteurs en fonction du contexte et l’étude de l’intelligence sensorimotrice collective (par exemple, l’activité sensorimotrice conjointe d’un pilote et d’un co-pilote d’avion).

Soutenir ce projet

En soutenant ce projet, vous participez au développement de la recherche sur la sensorimotricité. Cognition and Action Group permet d’étudier le comportement de plusieurs groupes de personnes en situation particulière et difficile pour ainsi trouver des traitements adaptés. Grâce à vos dons, nous pouvons mettre en place de nombreuses cohortes et mieux étudier les pressions auxquelles l’homme est soumis pour permettre de les éviter.

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