Insuffisance cardiaque : les promesses de la thérapie cellulaire

Avec 150 000 hospitalisations par an, l’insuffisance cardiaque est la 1ère cause d’hospitalisation chez l’adulte en France.

Une première mondiale : des cellules au secours du cœur

Le 21 octobre 2014, une première mondiale a été réalisée par les chercheurs de l’Université Paris Descartes. Une femme de 68 ans a été implantée d’un patch comportant des cellules cardiaques dérivées de cellules souches. L’objectif est de régénérer le cœur atteint d’insuffisance cardiaque. Cette étape couronnée de succès marque un tournant pour les 20 années de recherche qui l’ont précédée.

L’insuffisance cardiaque touche entre 1% et 2% de la population et augmente fortement après 75 ans. Plus de 22 000 décès par an en France ont pour cause directe l’insuffisance cardiaque. Elle a des causes multiples, parmi lesquelles l’infarctus du myocarde, qui entraine la mort de cellules de la paroi cardiaque et une altération de la fonction du ventricule gauche. Certains traitements médicamenteux sont efficaces et dans les cas extrêmes la transplantation cardiaque peut venir au secours des patients atteints. Depuis plus de 20 ans, le professeur Menasché et son équipe travaillent à mettre au point une option moins lourde que la greffe en transplantant dans la zone lésée par l’infarctus des cellules capables de se contracter comme celles du muscle cardiaque.

Les équipes du projet

Aux manettes de cette opération, deux équipes de cardiologues et de biologistes : celle du Pr Philippe Menasché de l’Hôpital Européen Georges Pompidou et celle du Pr Jérôme Langhero, responsable de l’unité de thérapie cellulaire de l’Hôpital Saint Louis.

Un patch de cellules souches posé comme un pansement sur la zone fragilisée

Lors du déclenchement d’une crise cardiaque, une artère coronaire est obstruée, certaines zones du muscle initialement saines ne sont plus irriguées et le tissu meurt. Dans les semaines qui suivent, il est remplacé par un tissu cicatriciel, inactif, qui n’assure plus la fonction de contraction. Le cœur moins puissant doit forcer pour compenser. Ainsi avec le temps, l’insuffisance cardiaque se développe. En 2014, les chercheurs ont innové en travaillant sur les « jeunes » cellules cardiaques, le but : recoloniser une zone d’infarctus en y implantant des cellules souches embryonnaires humaines. Pour les administrer, un patch de 20 cm² les contenant est posé sur la zone du cœur à traiter.

Un traitement qui peut améliorer la qualité de vie des patients

Avec le recul, on peut dire que cette première mondiale est un succès. L’objectif de sécurité a été atteint. Il n’y a eu aucune complication, aucun trouble du rythme, aucune tumeur. Du point de vue de l’efficacité, il y a une amélioration très nette de la fonction cardiaque et de la contractilité dans la zone d’implantation du patch.

Soutenir ce projet

Il reste beaucoup à faire : comprendre et analyser les résultats obtenus et réfléchir à comment les améliorer. Cet essai clinique est une étape dans un chemin encore long qui nécessite le soutien de financements publiques mais aussi privés. « Les chercheurs savent déjà, que plus qu’aux cellules elles-mêmes, il faut surtout s’intéresser aux protéines car ce sont elles qui agissent », explique Valérie Vanneaux, Responsable Production de l’Unité de Thérapie Cellulaire à Hôpital Saint-Louis. Leur identification précise est déjà en cours et l’équipe travaille aussi sur un autre type de patch destiné à remodeler le cœur d’enfants atteints cette fois de malformations cardiaques.

Votre don est donc précieux pour la recherche car il permettra de soigner davantage de personnes souffrant d’insuffisance ou de malformation cardiaques.

Sources : Communiqué de presse de l’AP-HP, Anne-Cécile Bard, Clémence Rémy, Olivier Bordy ; Sciences et Avenir 23/01/2015 ; pourquoidocteur.fr, Anne-Laure Lebrun, 29/10/2015 ; lemonde.fr, Paul Benkimoun, 16/01/2015.

Nos autres projets « Comprendre l’origine des maladies et les soigner »