Soigner la sclérose en plaques

Plus de 100 000 Français souffrent de sclérose en plaques, parmi eux on compte 75% de femmes.

Une maladie neurologique sans guérison

La sclérose en plaques (SEP) est une maladie neurologique chronique qui atteint le système nerveux central. Elle touche environ une personne sur mille dont une majorité de femmes et provoque une atteinte de certaines régions du cerveau et de la moelle épinière.
 En temps normal, la myéline qui entoure les neurones permet de véhiculer rapidement l’influx nerveux vers les autres neurones permettant au corps de répondre normalement aux injonctions du cerveau. Dans le cas de la sclérose en plaques, on assiste à une “démyélinisation” qui a pour conséquence d’empêcher l’information d’être transportée normalement. Cela engendre chez le sujet des troubles moteurs, sensitifs et visuels dont l’évolution est très variable d’un patient à l’autre.

Des traitements actuels visant à diminuer la destruction de la myéline

La SEP est une maladie caractérisée par des épisodes répétés de démyélinisation/remyélinisation (destruction/réparation de la gaine de myéline). Comme la réparation est partielle et les événements démyélinisants sont fréquents, ceci aboutit à la destruction de cette gaine et la mort des axones qu’elle entourait. Les traitements actuels ont pour but de diminuer la destruction de la myéline en modulant l’inflammation, responsable de cette perte.

Une équipe innovante et ambitieuse

La recherche s’est mobilisée depuis vingt ans autour de cette maladie, mais jusque-là sans pouvoir apporter de traitement permettant sa guérison. Une équipe Inserm-Paris Descartes vient de faire une découverte qui ouvre la voie à de nouveaux traitements. L’Unité 1124 est une unité mixte INSERM/Université Paris Descartes dirigée par le Professeur Robert Barouki. Elle a pour objectif d’étudier les voies de signalisations impliquées dans la toxicologie et la pharmacologie en travaillant sur les maladies des systèmes nerveux, immunitaires, ostéo-articulaires, les addictions ou le cancer.

Réparer la gaine plutôt que freiner sa destruction

Notre découverte propose une voie thérapeutique nouvelle qui ciblerait le potentiel de réparation de la gaine en utilisant une protéine particulière, le LXR. Testée sur des souris transgéniques, cette protéine leur a permis de régénérer plus rapidement les gaines de myéline détruites. Des études ont démontré les effets bénéfiques de l’activation de ce récepteur dans le traitement de l’inflammation, de la maladie d’Alzheimer, dans les maladies hépatiques ou dermiques ou dans certains types de cancers. Récemment, le LXR est ciblé dans le SIDA. Le LXR apparaît donc comme une cible thérapeutique intéressante.

Cependant, aucun des composés modulateurs des LXR n’a à ce jour pu être réellement envisagé étant donné le risque d’effets secondaires engendrés chez l’Homme. Les compagnies pharmaceutiques s’emploient à développer de nouveaux composés à visée thérapeutique susceptibles d’être administrés en toute innocuité.

Pourquoi soutenir ce projet ?

Une approche multidisciplinaire

Les projets que nous menons s’inscrivent dans le cadre d’une large étude portant sur les processus de myélinisation et de démyélinisation. Nous nous intéressons aux molécules et aux voies de signalisations qui régissent ces processus en condition normale, mais aussi en condition pathologique, lorsque la myéline est affectée par une maladie (sclérose en plaques, Charcot-Marie Tooth, …) mais aussi par une lésion (pincement de nerf, traumatismes crâniens).

Notre approche est donc multidisciplinaire, alliant des analyses moléculaires, cellulaires, biochimiques, histologiques, biophysiques et comportementales. Enfin, nos travaux présentent également l’avantage de s’articuler entre recherche fondamentale et translationnelle.

Donner pour faire reculer la maladie

Aujourd’hui, les traitements améliorent le quotidien des patients atteints de la sclérose en plaques. Demain, on pourra soigner ces malades grâce à un traitement efficace. Nos résultats sont très encourageants et les efforts sont à soutenir et à transformer car la recherche est longue et coûteuse (ce travail a démarré en 2006).

Nos chercheurs sont ambitieux et innovants mais c’est l’implication croisée des chercheurs et des donateurs qui permettra de changer la donne dans l’intérêt de tous. Le grand défi, auquel nous nous employons à répondre, est de faire reculer la maladie. Pour cela, il faut accélérer les progrès pour les patients en soutenant la recherche médicale française de pointe.

Nos autres projets « Comprendre l’origine des maladies et les soigner »